dimanche 11 janvier 2009

Un samedi soir à Goiânia (suite)

... Comme prévu, nous voici attablés à la « Pizzarella », dévorant à belles dents deux grandes pizzas… sauf moi qui a eu l’idée saugrenue de commander une omelette. Tout le monde avait terminé mais, dans les cuisines, ils devaient attendre sans doute que la poule ponde !!! Bref, j’avais, enfin commencé à déguster la fameuse omelette, mais, soudain, branle bas de combat : mon portable nous avertit que l’alarme de notre maison est devenue hystérique !!. Nous plantons donc tout ce beau monde, sautons dans un taxi. Devant notre porte, une voiture de notre compagnie de sécurité stationnait et un grand gaillard nous attendait de pied ferme ; il nous précise que, d’après le tableau de la centrale de sécurité, c’est le capteur installé dans notre salle à manger qui à déclenché l’alarme. Voilà qui nous rassure !!! Entrée dans la maison, vérification des lieux. Rien à signaler, sauf Charlie qui proteste derrière la porte fenêtre du jardin pour qu’on le laisse entrer. Conclusion du spécialiste : c’est la faute d’un borboleta (papillon)… Un papillon de nuit, évidemment !!!

La seule véritable invitée qui est entrée ce samedi soir au premier étage de notre maison (sans déclencher l’alarme) était la lune au dessus du palmier. Un vrai chromo !!!

mercredi 7 janvier 2009

Sous le masque...


Je viens de terminer un bon roman policier, « La Tribu des morts ». L’auteur, Laurent Martin, a déjà publié plusieurs ouvrages. Né en 1966 à Ali Salieh, une petite ville au nord ouest de Djibouti, il fut libraire, archéologue et guide touristique avant de dédier tout son temps à l’écriture.

L’intrigue se déroule dans l’univers de la diaspora africaine de la région parisienne, et, naturellement, de Belgique puisque l’enquête du policier français le conduit plus spécifiquement dans l’univers des émigrés zaïrois – ou plutôt congolais, l’ex Congo Belge ayant changé de nom trois fois depuis son indépendance en 1960 ( actuellement République Démocratique du Congo).

Cette lecture me prouve, une fois de plus, que l’attitude que nous avons adoptée durant nos 13 années de séjour en Afrique était la bonne : ne pas trop chercher à s’investir dans ce monde mystérieux, envoûtant et passionnant pour les étrangers, mais dangereux et incompréhensible à tous les égards pour ceux qui tentent absolument d’en percer les secrets. Le scepticisme que nous avons toujours éprouvé envers les Européens qui se targuaient d’avoir été « initiés » n’avait d’égal que leur crédulité…

Masque-heaume Suku (Ethnie du Sud ouest de la R.D.C. et de l'Angola)


Le livre est entrecoupé de dessins stylisés de masques associés de commentaires.

"On se cache, on se dissimule, on disparaît derrière de masque. On devient métisé, mélangé, comme doué d’un nouvel esprit….Le but du masque est de donner forme à celui qui n’en a pas, qui n’en a plus…."

"Il peut être l’esprit des ancêtres, qui rappelle la tradition, qui dit la loi des vivants et des morts, celle qui dure depuis toujours…."

"Même pétrifié dans un musée, le masque ne peut oublier qu’autrefois il s’animait et faisait corps avec son porteur.
"

Masque de notre collection (Guinée Bissau)

C'est pourquoi nous avons toujours traîté nos masques avec la plus grande courtoisie!!!

lundi 5 janvier 2009

Violente pluie sur la ville. Notre rue étant légèrement en pente, l'eau débaroule (comme disent nos amis lyonnais!!) formant de larges ruisseaux le long des trottoirs. Pas le moment d'aller acheter un paquet de cigarettes à la boutique du coin!!

dimanche 4 janvier 2009



Après avoir photographié cette branche de calistémon (rince-bouteille), je l'ai posée sur le sol.


Immédiatement, le contrôleur en chef des faits et gestes de cette maison s'est porté sur les lieux pour inspecter au plus près!!!

jeudi 1 janvier 2009

Nos amis le savent très bien, mon mari et moi ne sommes pas des personnes très conventionnelles..
Je n'en veux pour preuve que le menu concocté pour célébrer l'An Nouveau :



Poireaux-vinaigrette (l'époux prétend que le poireau est le caviar du pauvre!!)


Gratin de haddock parfumé aux graines d'anis









J’allais oublier : BONNE ANNEE 2009 A TOUS

dimanche 28 décembre 2008

Exotisme

Ce matin, notre petit déjeuner avait un goût étrange (et délicieux) venu d'ailleurs : nectarines, pêches et croissants.
Moralité : La notion d'exotisme est tout à fait relative!!!

La longue marche... brésilienne

Il y a quelques jours affluence nombreuse à la Fundaçâo Jaime Câmara : séance de signature pour José Mendonça Teles, le plus populaire écrivain et poète de notre Etat d’adoption, qui présentait son dernier-né : « A Coluna Prestes em Goiás ».
1 - Général de Brigade Luiz Carlos Prestes (Porto Alegre, 1898/Rio de Janeiro, 1990)
2 - Général de Division Miguel Costa (Buenos Aires 1885/1959)

Le Brésil, quelques années avant la Chine, a connu également sa « Longue Marche ». Mais, contrairement à celle conduite par Mao, la « Coluna Miguel Costa-Prestes ne sortit pas en vainqueur de l’épreuve…

Initiée en 1925 par des officiers de l’Armée de la province du Rio Grande do Sul, mécontents des abus de pouvoir de l’oligarchie brésilienne qui, selon eux, pervertissaient la République, ce mouvement de protestation, conduit par le Général Miguel COSTA, se joignit à celui de la province de Sâo Paulo, encadré par le Capitaine Luiz Carlos PRESTES. Après la constitution d'un Etat-Major, la petite armée de « "rebelles », forte de 1.500 hommes, dont une cinquantaine de femmes, qui restera dans l’histoire de ce pays comme la « COLUNA PRESTES, entama un long périple de 25.000 kms. Harcelée par les troupes régulières, repoussée par les petits (et surtout les grands !!) propriétaires terriens et ne parvenant pas à convaincre les plus pauvres de se joindre à elle, décimée par une épidémie de choléra, réduite à quelques centaines de personnes, la colonne se disloqua après 2 ans ½ et les rescapés durent fuire au delà des frontières, plus particulièrement en Bolivie et en Argentine.

Durant son long périple, la colonne est passée dans l’Etat de Goias, à l’aller et au retour. Au cours des dernières décennies, notre ami José a réuni des dizaines de témoignages des survivants de cette épopée, notamment celui de Luiz Carlos PRESTES, dont la longue vie fut un roman plein de drames, de clandestinité, de prison, et d’exils. Après la fin du régime militaire et suite à la Loi d’Amnistie de 1979, il revint dans son pays et mourut à Rio en 1990, à l’âge de 92 ans. On dit que son unique bien était un petit appartement dont lui avait fait cadeau son ami de longue date Oscar Niemeyer….
José Mendonça Teles et Luiz Carlos Prestes à Goiânia, le 23 octobre 1987.