lundi 1 novembre 2010

In memoriam

Quelques petites fleurs pour ceux qui sont partis cette année :
Pour Paul, notre joyeux compagnon des rencontres du vendredi soir durant notre période lectouroise.
Pour Francis, le patron du Bar du Coin, où j’allais chaque matin boire mon petit café en lisant les dernières nouvelles du Sud-Ouest.
Pour Jean-Marie, mon jovial collègue de l’Ambassade à Bissau, dont l’accent rocailleux évoquait le maquis de sa Corse, où il repose maintenant.
Pour Carmelo et Wolf, tous deux nés sur la rive gauche du Rio de la Plata, en Uruguay, unis par l’art dans le groupe MADI dont ils furent deux des membres fondateurs, et morts en frères ennemis, à quelques mois d’intervalle, le premier dans la région parisienne et le second en Floride
Et pour tous ceux que nous ne reverrons plus.


« La vie m’a donné beaucoup. Mais je lui ai demandé peu »
Carlos Drummond de Andrade, poète brésilien (1902/1987)

Dilma

Le Brésil vient de se doter de sa première femme à la tête de l'Etat. Mme Dilma Vana Rousseff est la fille d'un avocat bulgare qui émigra au Brésil dans les années 30. Bonne chance pour Dilma, mais sa tâche sera rude. Elle devra regarder où elle marche pour éviter les peaux de bananes et autres pièges que la gent masculine (un peu "macho" ici, il faut bien l'avouer!) ne manquera pas de semer sur son chemin. Mais son passé de militante - qui lui valu trois ans de prison et quelques sévices à l'époque de la dictature - devrait l'aider à surmonter les difficultés inhérentes à ses nouvelles responsabilités.

Quant à l'Etat de Goias, M. Marconi Perillo réintègre le Palacio das Esmeraldas, résidence des Gouverneurs de la province, qu'il occupa déjà de 1998 (à 35 ans) à 2006. On prend le même et on recommance!!

vendredi 29 octobre 2010

Lectures à moments perdus (suite et fin)

Nouvelle Revue Française
Comme je faisais allusion dernièrement à la « Nouvelle Revue Française », l’époux a plongé dans les entrailles de sa bibliothèque et m’a exhumé triomphalement ce numéro de 1925.

J’ai lu attentivement la correspondance échangée entre Jacques Rivière (1) et Paul Claudel, ce dernier essayant de ramener sur le bon chemin de la foi chrétienne le premier. Bon, c’est bien troussé, ça change du langage SMS qui prévaut actuellement, mais c’est pas vraiment planant !

Je pense que ledit Claudel aurait dû commencer par appliquer personnellement les préceptes qu’il prônait pour les autres, en ne laissant pas, par exemple, moisir sa sœur Camille dans le fond d’un asile, où elle finit par y mourir de faim en 1943…et dont il ne réclama même pas le corps qui fut jeté dans la fosse commune…

(1) Homme de lettres né en 1886, directeur de la N.R.F. de 1919 jusqu’à sa mort en 1925. Il avait épousé la sœur d’Alain Fournier (Le Grand Meaulnes).

Arte al dia

Luxueuse revue sur papier glacé, bilingue (anglais/espagnol) consacrée à l’art plastique latino-américain. La maison mère est à Miami avec des agences en Argentine (pays d’ailleurs où est imprimée la revue), au Mexique, au Venezuela, à Saint-Domingue, et des représentants attitrés à Bogota, Asuncion, Santiago du Chili, Lima, Londres, Madrid, Rome, et Paris. Le correspondant à Paris n’est autre que Patricia Avena, notre belle-fille.

Dictionnaire amoureux du Cinéma
Ce dictionnaire m’est parvenu à Goiânia grâce à la pugnacité de mon amie Françoise, qui ne s’est pas laissée démontée par les obstacles qui lui ont été opposés à la poste de Lectoure (retour à l’expéditeur, formulaire inapproprié, etc…)

En fait, il faut comprendre, à mon avis, qu’il s’agit du dictionnaire d’un amoureux du cinéma.Je ne suis pas toujours d’accord - et c'est mon droit - avec ce cinéphile averti, professeur émérite à la Sorbonne, mais nous avons néanmoins des enthousiasmes communs, pour ne citer que « Chantons sous la pluie » (qu’il considère comme l’un des meilleurs films de l’histoire du cinéma), la belle et défunte Cyd Charisse (dont Gene Kelly a dit : « danser une fois avec elle, c’est danser toujours avec elle », et Clint Eastwood
Mais je n’en suis qu’à la lettre « E » !!

mardi 26 octobre 2010

Les visiteurs du dimanche...

Au cours du traditionnel repas dominical avec l’ami Ruy, la moyenne d’âge des convives avait considérablement baissé dimanche dernier : étaient en effet présents, de passage à Goiânia, Adrienne et son fils Arthur, arrivés la veille du Tocantins en compagnie d’une amie, Fatima.

Trois générations :


Afin d'éviter de déclencher les foudres des ligues de protection de l’enfance, je tiens à préciser que le verre de « caïpirinha » posé devant Arthur, m’appartient : le gamin avait changé de place pour les besoins de la photo !!

Adrienne est la fille aînée de Ruy. Nous l’avons connue adolescente en Guinée-Bissau quand elle était venue passer quelques semaines avec son père. Travaillant dans les relations publiques à Palmas, la capitale du Tocantins, à environ un millier de km de Goiânia, elle élève seule son fils, tout en veillant sur sa mère gravement handicapée, habitant une maison voisine.

Ruy, Yvan et Fatima

samedi 23 octobre 2010

O Rei

« Le Roi Pelé». C’est ainsi que les Brésiliens ont surnommé Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, né le 23 octobre 1940 à Trës Corações (Trois Cœurs) dans le Minas Gerais..

Celui à qui fut décerné par la Fédération Internationale de Football le titre de meilleur joueur du 20ème siècle, fête donc aujourd’hui, et tout le Brésil avec lui, ses 70 ans.

A titre exceptionnel, j’accepte de faire une entorse à mas convictions républicaines : Bon anniversaire au Roi Pelé !.

vendredi 22 octobre 2010

Dernières lectures (3)


Stieg Larsson
"Les hommes qui n'aimaient pas les femmes "
MILLENIUM - I


Lors de leurs récents séjours à Goiânia, Daniel et Patricia avaient glissé dans leurs bagages le premier volume de « Millenium ». , Quel soulagement ! Ainsi je ne suis plus CELLE QUI N’AVAIT PAS LU CETTE SAGA SUEDOISE ! (enfin, du moins la première partie). Quoi ! m’écrivait-on de France, avec compassion, « Tu n’as pas lu « Millenium » ?! Je ne me sens plus l’exilée inculte ! J’avoue avoir rejoint le fan club du défunt Suédois…J’ai dévoré la première aventure du séduisant Mikaël Blomkvist en quelques jours. La Suède comme si j’y étais encore ! La question que je me pose est la suivante : comment les personnes n’ayant aucune notion de la langue suédoise (il n’est pas désagréable de se prévaloir d’un petit plus, de temps à autre !), ont-elles pu lire et matérialiser en français les noms, prénoms et lieux du road movie de notre héros :Vanger, Birger, Berger, Sjöberg, Årsta, Hedebyön, Östergården, Umeå, Norsjö, Norsjövallen, Bjursele, Härnösand, Skellefteå, etc… qui ne se prononcent pas du tout comme ils s’écrivent !!!

Frédéric Dard - San-Antonio

Dans un article, j’ai fait référence il y a quelques mois à ma collection de « San-Antonio », précisant qu’il m’en manquait 5 pour qu’elle soit complète.
Une amie a aussitôt foncé dans sa bibliothèque et m’a envoyé les titres qu’elle avait en magasin. Chance ! Il y en avait deux que je n’avais pas, et que je n’avais même jamais lus. Anne m’en a fait gentiment cadeau et ils me sont également arrivés dans la valise (1) des héritiers. Merci à la donatrice et aux transporteurs !

(1) pas diplomatique, car dans celles-ci, je le sais pour les avoir préparées et scellées pendant mes années d’ambassade, il n’y avait guère de choses intéressantes!

mardi 19 octobre 2010

Dernières lectures (2)

II - André Suarès

« Marseille, Massalia, Marsiho, avancée hellène en terre de France, berceau d’Yvan-le-cosmopolite. Ces textes d’André Suarès accentueront peut-être une des facettes du méditerranéen, du viking (1) et du latino-américain, que vous réussissez à être en toute harmonie. ». Guatemala, 14/2/1997.


Cette jolie dédicace à l’époux est de la main de Don Tasso, un vieil érudit – encore plus cosmopolite qu’Yvan ! – qui était à l’époque Attaché de Presse de l’Ambassade de France au Guatemala.

André Suarès (1868/1948), auteur dramatique, historien, musicologue, poète et grand voyageur, est bien oublié de nos jours, en dépit de l’œuvre qu’il a laissée – 80 livres de son vivant et 30 ouvrages posthumes - et bien qu’il ait été, dès 1912, " un des piliers, avec Gide, Claudel et Valery, de la « Nouvelle Revue Française » créée en 1908.

« Marsiho » (Marseille en provençal), édition de 1933, m’a fait découvrir le Marseille qu’a connu le père d’Yvan à sa descente du bateau en provenance de l’Argentine. C’est une description parfois assez sévère mais où l’écrivain laisse percer néanmoins la tendresse qu’il avait pour sa ville natale. Seuls deux grands hommes nés à Marseille trouvent grâce à ses yeux : Pétrone, « le plus original des écrivains latins, le plus grec (….) et Daumier, deux mille ans plus tard »…

Né Félix Isaac Suares, de père juif et de mère catholique, il a été l’un des rares intellectuels de son époque à dénoncer, dès 1934, la montée du nazisme par des articles virulents dans la NRF. . Il fut pourchassé pendant toute l’occupation allemande par la gestapo et la milice, et ne dut son salut qu’au poète Pierre de Massot (un poète de plus mort dans la misère en 1969) qui le fit passer pour son père…

(1) Allusion au fait qu'Yvan a vécu 13 ans en Suède.