jeudi 19 août 2010

Paineira barriguda

J’ai photogra-
phié cet arbre, sur la grande place à côté de chez nous, il y a déjà quelques années. Mais personne n’a pu me renseigner à son sujet…jusqu’au mois passé où un aimable – et connaisseur – chauffeur de taxi a comblé mon ignorance : il s’agit d’un paineira barriguda
Il existe plusieurs sortes de paineira au Brésil et celui-ci doit son appellation au fait que certains d’entre eux ont la base du tronc gonflée, leur donnant ainsi un ventre (barriga) de propriétaire ! (1). La floraison est le plus souvent rose ou blanche.

Nous avons trouvé des arbres de la même famille en Guinée-Bissau et au Sénégal, comme le fromager (ou kapokier) et le baobab


Sculpture de notre collection, en bois de fromager. (Guinée-Bissau)

au Guatemala, le ceiba, l’arbre sacré des Mayas.


Stylisation du ceiba sur un tissage de San Pedro Ayampuc (ethnie Cakchiquel)

et en Argentine le palo borracho.




Ce jeune et fringuant palo borracho risque de se voir nanti, un jour, de cette belle panse!





(1) Dans son dictionnaire des expressions typiquement "goiano", O. Bariani précise qu'une femme attendant un enfant est qualifiée de "barriguda".
(2) Traduction littérale : "baton ivre".

lundi 16 août 2010

Pause-café

Dimanche matin
Entre deux petites tâches ménagères, je fais une pause-café devant la télévision. Je me retrouve en pleine démonstration de capoeira. Née au Brésil au 16ème siècle parmi les esclaves en provenance d’Afrique, la capoeira fut bien vite interdite par les autorités

Esclaves broyant la canne à sucre (gravure de Debret)

Pour contourner cet interdit, les pratiquants y ajoutèrent des mouvements inspirés des danses rituelles de leurs pays d’origine et un accompagnement de musique. Bernés, les maîtres de l’époque ! Ce qui fut désormais considéré comme un divertissement d’esclaves restait bel et bien un symbole de la résistance culturelle et physique du peuple asservi.

Toujours scotchée à ma télévision, me voici transportée sans transition ni préparation psychologique à Netanya, en Israël !! Mais il y avait un fil conducteur : C’était dans la louable intention de me montrer le tombeau de Imi Lichtenfeld (1910/1998), créateur du Krav Maga. On m’explique brièvement qu’il s’agit d’une méthode d’autodéfense d’abord pratiquée en Israël mais qui s’est répandue dans le monde entier à partir de 1980.. Si l’on considère qu’elle est utilisée maintenant par de nombreuses polices et troupes d’élites internationales, le terme « autodéfense » me semble bien pudique…

Bon, ma pause-café ne fut pas de tout repos ! Mais j’en ai profité pour avoir une petite pensée pour un couple d’amis français qui réside plusieurs mois par an à Netanya.

vendredi 13 août 2010

Géant

Notre fils vient de nous envoyer cette jolie photo. Il s’agit d’une sculpture du Catalan Jaume Plensa.

Installé récemment sur le port d’Antibes, à l’emplacement de l’ancien chantier naval. ce géant d’acier de huit mètres de hauteur est composé de milliers de lettres soudées, et pèse six tonnes. De quoi décourager l'ennemi pouvant venir du large...

mercredi 11 août 2010

Boîte 651

La poste centrale de Goiânia a été en travaux pendant plusieurs mois. Le service était néanmoins assuré mais, durant cette période, notre boîte postale a subi plusieurs migrations et nous en sommes à notre troisième changement de clé !

Bon, je crois que la chasse à notre boîte est maintenant terminée et qu’elle a trouvé sa place définitive : tout à fait au fond à gauche, le plus loin possible des guichets !!

Pour marquer la fin des travaux, l’administration postale a exhumé de son grenier (ou de sa cave) et restauré une vieille boîte aux lettres fondue en 1888... soit 1/2 siècle avant la création de Goiânia.

dimanche 8 août 2010

Chat (s) - ami (s)!!!

J'ai connu Bigoudi (car tel est son nom!) il y a quelques années. Il était en visite chez une amie de Lectoure...

S'il avait déjà sa tête de clown, il ne montrait pas encore ce plastron imposant de sénateur repu, et, surtout, il n'y avait qu'un Bigoudi!!

jeudi 5 août 2010

Cerf-volant


La langue portugaise est parfois un peu déconcertante.

Ainsi, je reçois aujourd’hui ce petit courrier de notre amie Manoela :

Vamos aproveitar o vento de agosto!
VAMOS SOLTAR PIPA


Une première traduction pourrait donner ceci :
Profitons du vent d’août, lâchons la pipe ???

Evidemment, quand j’ai ouvert l’image qui accompagnait cette invitation surprenante, j’ai compris que « pipa » signifie cerf-volant…


Il faut bien reconnaître d'autre part que notre mot français est également étrange. Rien a voir avec un cervidé car ce serait une mauvaise transcription du mot "serp" qui en langue d'oc signifie "serpent". Autrement dit, un "serpent-volant" par analogie à ceux venant d'Asie qui représentent souvent des dragons ou des serpents.

lundi 2 août 2010

Autodafé

Dans son livre « Mémoire du Feu », Eduardo Galeano (1) retrace en chapitres très courts la vie et le destin des personnages qui ont jalonné la conquête de l’Amérique du Sud, des vainqueurs et des vaincus (les premiers devenant souvent pour un temps les seconds !), et leurs fins souvent tragiques.

Ce matin, je me suis arrêté sur le Guatemala, ce petit pays qui fut jadis si grand par sa culture.

En voici des extraits :

Frère Diego de Landa jette dans les flammes, l’un après l’autre, les livres des Mayas (….) Autour du bûcher les hérétiques hurlent la tête en bas (…). tandis que le brasier grandit et que les livres grésillent, comme s’ils se plaignaient. Ce soir, huit siècles de littérature maya se changent en cendres. Dans ces longs plis (2) aux feuillets d’écorce, les signes et les images parlaient : ils racontaient les travaux et les jours, les rêves et les guerres d’un peuple né avant le Christ. Avec des pinceaux de soie de sanglier, ceux qui possédaient les secrets des choses avaient peints ces livres éclairés et éclairants pour que leurs arrières-arrière-petits-enfants ne soient pas aveugles et sachent voir leur présent et voir l’histoire des leurs, pour qu’ils connaissent le mouvement des étoiles, la fréquence des éclipses et s prophéties des dieux (…).

Pendant ce temps, les auteurs, artistes-prêtres morts voilà des années ou voilà des siècles, boivent du chocolat à l’ombre fraîche (…) La paix est avec eux car ils sont morts en sachant qu’on ne détruit pas par le feu la mémoire (…) La mémoire se réfugie dans les bouches qui chantent les louanges des hommes et des dieux, des chants que les gens se transmettent….

Le thème de la germination dans le Codex de Dresde.

Et ils avaient raison et j’en ai la preuve quand je regarde tous les tissages de notre collection de vêtements mayas : tout a été transmis !!

Alors, qui était le véritable hérétique ?


(1) Ecrivain et journaliste uruguayen (1940)
(2) il s’agit des codex, les manuscrits mayas, qui étaient pliés en accordéon. Il n’en reste que trois, déposés à Dresde, à Madrid et à Paris. Un 4ème est en cours d’authentification.