

Et la vie s’écoule paisiblement, au rythme des rames. Rosinha parle si bien du fleuve et de la forêt qu’il traverse, de leur faune et de leur flore aux syllabes chantantes, des oiseaux (maria-prêta, jaribou, manguaris, ibis), des arbres (jatoba, palmier-tucum, canjirinha, paca, umburana), des poissons ( piranha – pas si méchant qu’on le dit, d’après Rosinha ! - pirarucu), de l’once, de la loutre géante, ainsi que d’Urupianga, La Loi de la Forêt et le Dieu des Animaux, toujours très occupé pour protéger tous ses sujets et de Calamantá, le Dieu des Arbres.
Tout ce tranquille bonheur va sombrer quand un médecin de la ville vient faire sa tournée, entend parler de la conversation d’un homme et de son canoë, et n’aura de cesse de faire transférer cet homme à l’asile dans la grande ville pour lui démontrer, à l’appui des électrochocs, qu’un canoë ne parle pas.

Où est le fou ? Tout le monde sait bien que les arbres parlent…. Et Rosinha est un tronc d’arbre évidé…. (à suivre)
Maria-prêta (maria-prêta-de-penacho)
(1) « Rosinha, minha canoa », par José Mauro de Vasconcelos, écrivain brésilien d’origine indienne et portugaise. (Rio de Janeiro, 1920 / Sâo Paulo, 1984)
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